Selon une des mesures affirmée lundi 20 août par le président Nicolas Sarkozy, à l'issue d'une réunion interministérielle consacrée aux délinquants sexuels récidivistes, les pédophiles jugés dangereux devront rejoindre un "hôpital fermé" une fois leur peine effectuée.
Les délinquants sexuels "seront examinés à la fin de leur peine par un collège de médecins et si ce collège des médecins reconnaît leur dangerosité, ils ne seront pas remis en liberté, ils iront dans un hôpital fermé où ils seront soignés. [...] Ceux qui accepteront d'être soignés pourront avoir des permissions, et sortir de cet hôpital fermé, mais le feront en portant un bracelet électronique, en suivant un traitement [...]."
Pourtant, même lors d’un placement d’office en hôpital psychiatrique, l’avis des médecins n’est que consultatif, la décision revenant au préfet sous le contrôle des tribunaux administratifs.
Ce texte de loi « anti-pédophile » prévu pour le mois de novembre sur la condition pénitentiaire révèle un risque constitutionnel qui pose problème.
Ce texte pose le problème de la remise en cause du principe de l'autorité de la chose jugée : c'est au juge qu'il revient de fixer la peine d'une personne. Une fois cette peine purgée, la
personne doit être libre. C'est d’ailleurs au juge seul de décider le quantum de la peine par rapport au crime ou au délit. Or, d'après cette mesure, la suite serait décidée par un collège de
médecins.
Si ce type d’enfermement psychiatrique est une peine, la loi est inconstitutionnelle car on ne peut pas rajouter à une peine une autre peine.
Dans la prison de Caen, celle de Francis Evrad, 75 % des prisonniers ont été condamnés pour crimes sexuels. Un centre médico-psychologique y a été ouvert il y a quatre ans, mais ne fonctionne plus que partiellement «faute de moyens», selon le syndicat pénitentiaire Unsa-Ufap. Ce qui confirme les propos de Laurence Mollaret, vice-présidente du Syndicat de la Magistrature, «La loi actuelle est suffisante, ce sont les moyens qui manquent». La loi de 1998 relative à la prévention des infractions sexuelles et à la protection des mineurs instaure notamment une injonction de soins à l'issue de l'incarcération.
Il n'existe actuellement aucune prison spécialisée dans l'accueil et le traitement des pédophiles. A Fresnes, sur les 47 lits de psychiatrie, le traitement des agressions sexuelles concerne 12 lits. Ce sont des méthodes de psychothérapie cognitivo-comportementalistes, qui sont proposées. Les participants peuvent apprennent à reconnaître la séquence qui précède le passage à l’acte et peuvent apprendre à le stopper.
Si l’on veut satisfaire aux obligations de soins, il faut prévoir un budget conséquent. N’en déplaise à Nicolas Sakosy pour qui "tout n’est pas une question de moyen" . Une soixantaine de lits par centre pénitentiaire seraient d’ailleurs à créer, tout comme le bracelet électronique et la castration chimique peu utilisés en France ( on ne peut pas obliger actuellement un délinquant à suivre un traitement médical sans son consentement , d'où la loi sur la castration chimique).
On pourrait aussi s’interroger pour savoir si la pédophilie relève du champ sanitaire , du champ judiciaire , ou des deux ? N’étant ni psychiatre, ni psychanalyste, je ne puis répondre seule à cette question.
"J'ai deux motifs d'inquiétude." Ainsi François Bayrou avait-t-il lancé son discours lors de la réunion publique qui inaugurait la naissance du mouvement démocrate au Zénith de Paris. 6.000 personnes l'ont entendus dire que "l'annonce par François Fillon de la mise en place d'une franchise en matière de soins médicaux est un motif de grave souci pour beaucoup de familles." Il a poursuivi : "Il y a des familles pour qui 75 euros, c'est beaucoup d'argent."
Lors de l'instauration de la franchise de 1 euro en 2004, le Conseil constitutionnel avait estimé qu'une somme aussi
faible ne portait pas atteinte au
droit à l'égalité des soins mais avait émis les plus expresses réserves au cas où cette somme viendrait à être augmentée (décision n° 2004-504 DC du 12 août 2004, liée à la réforme Douste-Blazy ). Un projet de franchise sur les dépenses de santé, a été annoncé mardi 31 juillet par Nicolas
Sarkozy. Cette franchise sera de cinquante centimes d'euro par boîte de médicaments, de cinquante centimes d'euro pour tous les actes paramédicaux et de deux euros sur tous les transports
sanitaires. Elle sera plafonnée à 50 euros par an. Cette franchise, mise en place à partir du 1er janvier prochain, ne concernerait pas les femmes
enceintes et les enfants, ni les personnes titulaires de la couverture maladie universelle (CMU) ou de l'aide médicale d'état. Cette franchise doit constituer une ressource nouvelle pour financer
le plan de lutte contre la maladie d'Alzheimer, celui contre le cancer et le doublement des structures de soins palliatifs.
Le Collectif Inter associatif Sur la Santé constitue une force de proposition en matière sanitaire et sociale. Le CISS compte aujourd’hui 23 groupes d’associations familiales et de consommateurs, de représentants de personnes malades et handicapées. Parallèlement à ces réflexions, le CISS participe à de nombreux groupes de travail dans des institutions tels que l’ANAES ou la Direction des hôpitaux.
Interrogé par France2 dans le JT de 13 heures du 1er Août dernier, Christian Saoult du CISS, considère que cette franchise représente une discrimination dans l’assurance maladie puisque ce sont les patients qui vont devoir payer plus. Pour le collectif, cette idée risque de provoquer une fracture malade/bien portant. Les malades risquant d'être accusés de coûter trop cher .
Le collectif préconise l’organisation d’une vraie Grenelle de la santé. Une réforme du système de santé est nécessaire mais doit concerner autant les recettes que les dépenses de santé.
Pour Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé à Sciences Po et professeur associé à l'université Descartes-Paris-V, cette franchise représente une menace sur l’accès aux
soins.
Les principes fondateurs de l'assurance-maladie sont remis en question. La franchise va créer un obstacle dans l'accès aux soins en dissuadant les ménages aux revenus modestes de consulter ou de se soigner dès lors que les premiers frais médicaux de l'année ne seraient plus remboursés. Ensuite parce qu'elle peut conduire à détacher une partie de la population de l'assurance-maladie : les usagers à faible consommation qui ne seront plus remboursés et, si la franchise est établie en fonction des revenus, les ménages les plus aisés même en cas de consommation significative. Les différentes réformes des systèmes de santé en Europe ont tendance à permettre aux ménages aux revenus les plus élevés de choisir leur assurance-maladie, publique ou privée. Enfin la franchise fait peu de cas du principe fondamental selon lequel l'assurance-maladie repose d'abord sur la solidarité entre les bien-portants et les malades, que traduisent les cotisations sociales et la CSG.
Le "reste à charge" (RAC) annuel qui recouvre la part des dépenses de santé non prise en charge par la Sécurité sociale, imputable aux seuls tickets modérateurs et forfaits prévus par la Sécurité sociale est d'environ 240 euros par personne. 10 % de la population supportent à ce titre, parfois sans assurance complémentaire ou mutuelle, une dépense de plus de 500 euros, qui atteint même, pour 900 000 personnes, le montant de 1 000 euros.
Didier Tabuteau aborde également, dans sont « point de vue » du monde du 2 août dernier, le problème de la liberté tarifaire, qui, pour lui est une question centrale pour l'avenir de l'assurance-maladie.