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Dimanche 24 février 2008
publié dans : Politique intérieure
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Dimanche 24 février 2008
publié dans : Politique intérieure
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Samedi 23 février 2008
Interrogé sur la crise de confiance que traverse le président de la République, François BAYROU a souligné : "C'est grave, parce que l'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy porte atteinte à des principes républicains fondamentaux dans lesquels notre pays se reconnaissait, tous présidents de la République confondus". "Par ses choix personnels, il a transgressé et transgresse tous les jours tous ces principes", a-t-il estimé, précisant : "Il y en a un qui est pour moi frappant depuis le premier jour. Dans un pays où les Français ont tant de mal à boucler les fins de mois, l'exhibition du luxe d'un côté et de l'intimité avec le monde de l'argent de l'autre a porté atteinte à un principe fondamental"

Au cours de l'émission "A vous de juger" sur France 2 et au fil du débat réunissant des personnalités du Parti socialiste et des membres du gouvernement, François Bayrou a défini les grandes lignes d'un projet de société différent du modèle dominant, celui de l'inégalité croissante. Analysant les grandes problématiques que rencontre le pouvoir en place, il a par ailleurs précisé avec force les valeurs et les principes qui font le ciment du Mouvement Démocrate et réitéré son appel à un rassemblement des reconstructeurs.

La laïcité

"Il y a des déclarations que le président ne doit pas faire. Je suis, chrétien, catholique, pratiquant et je dis que ce n'est pas au président de la République, ni dans mon sens, ni contre ma foi de venir faire des déclarations pour nous expliquer que le monde est mieux avec Dieu ou sans Dieu. Quelle légitimité a-t-il pour le dire ?"

"Il y a là une attaque à quelque chose d'infiniment plus profond que des choix politiques. On touche à l'un des piliers centraux de la maison. Et avec une obsession que je ne m'explique pas, Nicolas Sarkozy a décidé, depuis un mois et demi, de remettre ce sujet dans un pays qui avait mis cent ans pour apaiser les choses."

"Si j'acceptais qu'il le fasse, y compris dans le sens des croyants, ce que je récuse, c'est aussi accepter qu'un successeur vienne et dise le contraire. Cela ne regarde pas le Président de la République, il n'a pas à me dire comment je dois élever mes enfants. Ce n'est pas le rôle de l'Etat, ce n'est pas le rôle de la présidence de la République. J'aurais envie de lui dire : "S'il vous plait : "arrêtez". Il y a des sujets sur lesquels il est désormais temps de faire silence."

La mémoire de la Shoah


Concernant la demande du président de la République de confier à chaque enfant de CM2 la mémoire d'une victime de la Shoah, François Bayrou a souligné les risques pour les enfants engendrés par une décision"sans que personne y ait réfléchi".  "C'est tous les jours une fusée nouvelle dont le but est d'effacer le ratage de la fusée d'hier. Ca crée un trouble profond, ça ne rassure pas, ça ne calme pas, ça ne stabilise pas et ça ne permet pas au pays de mettre devant lui les priorités qui devraient être les siennes", a-t-il conclu.

La fonction présidentielle :


"Il y a un problème d'exercice du pouvoir. Nicolas Sarkozy avait fini par dire, pendant la campagne : "Je voudrais une démocratie exemplaire". Franchement, est-ce une démocratie claire et irréprochable que celle dans laquelle le pouvoir est entièrement concentré dans les mains d'un petit groupe et dans laquelle ce sont des conseillers responsables devant absolument personne qui viennent annoncer qu'il y allait avoir un remaniement ministériel, que ce remaniement comporterait un petit nombre de ministres."

François Bayrou a souligné : "Ce qui est profondément choquant dans la situation actuelle, ce sont les difficultés du pays auquel on s'est adressé pendant la campagne présidentielle en expliquant que le sujet était la difficulté des gens qui gagne 900 ou 1000 euros avec 28 heures de travail par semaine, qui ont des enfants et qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Et à coté, l'étalage du luxe."

Pouvoir d'achat

"La première chose que j'aurai faite est de ne pas faire croire que la baguette magique du président de la République allait apporter tout d'un coup ce dont les Français manquent. C'est donc extrêmement choquant pour la grande majorité qui y a cru et qui aujourd'hui se réveille avec rien."

Le président du Modem a noté : "Il faut voir qui est particulièrement atteint : les retraités et les petites retraites parce qu'ils n'y arrivent plus, avec 900 euros. Et donc, le peu de marge de manœuvre, je l'aurai concentré sur les petites retraites."

"J'aurai fait deux emplois sans charges pour les entreprises de manière à favoriser la création d'emplois dans les petites entreprises, les artisans ou chez les commerçants. Si on avait créé de l'emploi dans ces conditions là, évidemment, vous auriez donnéun ballon d'oxygène à beaucoup de jeunes qui n'ont pas d'emplois et qui en meurent, parce que l'on nous dit que le chômage va beaucoup mieux mais la démographie et les départs à la retraite y sont pour beaucoup."

Réformes des régimes de retraites

"Je dis une chose, les yeux dans les yeux avec le gouvernement et avec celui qui en est chargé. J'ai parlé toute la journée avec des experts du dossier, puisque c'est en négociation, et ils disent ceci : "pour la génération qui vient, entre 15 et 20 ans, une fois la réforme adoptée, elle coûtera plus chère que s'il n'y avait pas eu de réforme."

"Ce qui est nécessaire, c'est une réforme fondamentale des régimes de retraite par points, que les gens puissent partir à la retraite en fonction de la pension qu'il pourront recevoir et des droits acquis, à l'âge qu'ils veulent. Ce qui se profile aujourd'hui, c'est une réforme qui coûtera plus chère que si elle n'avait pas eu lieu."

Une alliance des reconstructeurs

Analysant la distance entre les attentes des français et le pouvoir, mais aussi la distance aussi entre les principes des français et ceux défendus par le pouvoir, le président du Modem a noté : "Je crois que cela va créer un sentiment de désarroi et des crispations. Derrière cela, il faudra reconstruire et en effet, je considère que l'on ne peut pas reconstruire sans le Parti Socialiste qui va se rénover, les démocrates du centre et une partie de la droite républicaine. Je pense que le jour viendra où il va falloir une alliance des reconstructeurs."

Un modèle de justice croissante


"On a un grand problème : est ce que la mondialisation nous impose un modèle unique, un modèle américain qui a fasciné pendant longtemps et fascine encore le Président de la République ou est ce que l'on peut promouvoir ou porter un autre modèle ?"

 

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